mercredi 13 septembre 2017

Great New Interview with Liberation. Robert Pattinson Talks about his Career and Directors & Actors He Loves (France) + Quick Translation

Super Nouvelle Interview avec Libération. Robert Pattinson Parle de sa Carrière et des Réalisateurs & Acteurs qu'Il Adore (France) 




Via Libération:
Robert Pattinson: «Quand tu es anglais, on s’attend à ce que tu te contentes de jouer un prince»

De passage au festival de Deauville pour présenter «Good Time», l’Anglais raconte comment le fait de tourner avec les frères Safdie a fait mûrir son jeu.
A 31 ans seulement, l’acteur britannique Robert Pattinson se démarque en superstar intrépide et cinéphile. Ex-vampire étincelant de Twilight, il édifie un parcours déjà admirable de collaborations audacieuses et d’interprétations à l’étoffe de plus en plus singulière. Affichant sa curiosité quand on le rencontre à la faveur d’un passage promo express à Deauville, il note sous nos conseils fiévreux qu’en effet, il devrait regarder la saison 3 de Twin Peaks (même s’il est déjà «frustré de n’avoir jamais été appelé à auditionner à ce casting démesuré»), et prend en note sur son portable le titre du film de Steve De Jarnatt Miracle Mile (1989) dès lors qu’il nous prend de causer apocalypse. Venu en France, entre deux jours de tournage allemand avec Claire Denis, pour vanter sa collaboration avec les frères Safdie, il débarque encore affublé d’un carré blond avec racines à vue, vestige du Connie de Good Time.



Libération: L’univers de Good Time transpire l’influence d’un âge d’or hollywoodien révolu. Vous êtes-vous inspiré de figures d’acteurs du passé ?
RP: Malgré la part nostalgique, ce projet m’a vraiment paru inédit. Certains aspects font bien sûr penser à des classiques du genre, comme le Récidiviste de Dustin Hoffman [et Ulu Grosbard, sorti en 1978, ndlr]. On y voit une scène de braquage où le cambrioleur [interprété par Hoffman] Max Dembo hésite quelques secondes. Comme Connie, il pourrait rebrousser chemin et tout serait différent. Il est son propre pire ennemi. J’ai passé beaucoup de temps à me nourrir de la rue, à parler à des gens qui avaient été en prison, d’autres en conditionnelle, d’autres qui vivaient dans la rue. Lorsque tu demandes à quelqu’un son histoire pour le bien d’un film, il reste très ouvert et tu apprends des choses incroyables. Ça se demande difficilement sans le prétexte du cinéma. Dire : «Quels sont tes secrets ? C’est pour un film», ça fonctionne (rires) !

On peut aussi penser à Un après-midi de chien de Sidney Lumet…
J’ai vu ce film tellement de fois. C’est forcément ancré en moi, en arrière-plan. Les performances d’Al Pacino sont les premières à m’avoir marqué. Quand tu commences dans le cinéma et que tu es anglais, tout le monde s’attend à ce que tu te contentes de jouer une espèce de prince. Moi je voulais déjà jouer un fucking Pacino (rires).
A l’époque du Nouvel Hollywood, ces acteurs-stars tournaient avec les plus grands cinéastes américains du moment dès les premiers films de ces derniers. Les gros noms aujourd’hui sortent moins des sentiers battus, à de rares exceptions…
Je pense qu’il y a une grande responsabilité des acteurs à devoir se lancer dans de nouveaux challenges aujourd’hui. C’est à nous de faire en sorte que de nouvelles alchimies s’opèrent, avec des cinéastes doués et moins attendus. Dès que tu as un tant soit peu d’influence en tant qu’acteur, il faut s’en servir pour de nouveaux défis plutôt que de traquer les gros projets commerciaux, essayer d’aiguiller un public différent, plus populaire, vers des auteurs qui comptent. A la réflexion, je ne pense pas que les acteurs ou actrices cherchent particulièrement à chasser de nouveaux projets singuliers, la plupart s’en fiche, ils veulent juste travailler…

Starifié dans la saga Twilight, vous êtes-vous dit, à ce moment-là, «je vais pouvoir viser des projets plus risqués ou surprenants» ?
Tout a changé à partir de Twilight, en effet. Mais à chaque nouveau projet, j’ai acquis de nouvelles compétences, de nouvelles nuances, avec James Gray, les Safdie, maintenant Claire Denis [dans High Life, actuellement en tournage]. Au fur et à mesure, mes goûts ont changé. Il y a eu un grand tournant avec Cosmopolis [de David Cronenberg en 2012]. Ce cinéaste est un de mes héros. Cela a donc été crucial, j’y ai acquis une confiance nouvelle, et forcément j’ai commencé à me voir un peu différemment.
Aviez-vous en tête depuis le départ l’idée de bâtir une filmographie aussi composite et pointue ?
J’ai des cibles, certes. Mais tout cela prend un temps infini. Avec James [Gray] par exemple, j’étais censé jouer dans d’autres films. Mais c’était il y a quoi… sept ou huit ans. Lost City of Z a mis cinq ans à naître. Avec Claire, ça nous a pris cinq ans aussi. Si j’aime un projet, je persévère, jusqu’à ce qu’il prenne forme. En revanche, je n’ai pas de stratégie à court terme, je ne me dis pas «Hmmm, tiens, Claire Denis» (rires). Mais je mûris en moi un large éventail de désirs.
Vous pensez à quelqu’un, là, en particulier ?
Je veux vraiment faire un film avec le réalisateur colombien Ciro Guerra, et ça arrivera l’an prochain si tout se passe bien. Et j’aimerais beaucoup travailler avec Maïwenn. J’ai vraiment été marqué par son dernier film, Mon roi [en 2015].
Vous vous présentez en acteur plutôt «traditionnel», qui bosse son texte. Dans une récente interview, vous avez évoqué la part d’impro chez les Safdie et leurs acteurs. La confrontation a-t-elle été difficile ?
Oui, mais j’en suis sorti grandi. Peu d’acteurs sur le film lisaient vraiment le script. Parfois, dans une scène, je me retrouvais face à quelqu’un qui improvisait soudainement, et il me semblait très dur de faire aller la scène dans le sens envisagé. J’ai trouvé ça vraiment stressant. Et c’est palpable dans le film. Tant mieux. Plus la pression monte, plus ça enlève une bonne part de conscience de soi. C’est un vrai soulagement. Tu agis si vite que tu n’as plus le temps de te contempler.
Vous adoptez divers états dans le film, comme un métamorphe. Les visages pigmentés, les cheveux teints, les changements d’habits. Comment avez-vous vécu cette action de muer constamment ?
En commençant à se comporter légèrement différemment et à changer quelque peu d’apparence, soudain on se retrouve accueilli de façon foncièrement différente. J’ai eu du temps pour expérimenter tout ça, deux mois à New York où j’ai essayé divers costumes et accents. Je parlais aux gens dans la rue pour voir s’ils me reconnaissaient. Parfois on se sent trop conscient de ce que nous sommes. On peut vouloir un temps se débarrasser de ce jugement que l’on a de nous-même. Jouer les shapeshifter permet ça, on se trompe nous-même et on trouve un moyen de tromper les gens, c’est assez addictif. Mais je ne sais pas à quel point c’est sain (rires)…
Comment se passe le tournage avec Claire Denis, en studio à Cologne ?
C’est vraiment incroyable de travailler avec elle. Claire Denis a un monde bien à elle, très intimiste. En plus, elle a quelque chose d’assez semblable (rires)… comme un chaos créatif. Je n’ai jamais dû faire autant confiance à quelqu’un. Mais à la fin de la journée, c’est dans un film de Claire Denis que je rêvais d’être, pas dans les miens.

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From Libération:
While in Deauville for the festival to present “Good Time”, the British actor told us how working with the Safdie brothers has improved the way he acts.

At the age of only 31, British actor Robert Pattinson stands out as a fearless superstar and cinephile. Ex sparkling vampire  in Twilight, he has build an already admirable career with bold collaborations and interpretations more and more unique.(...)

Liberation: The universe of Good Time is full of influences from an old Hollywood golden age. Have you been inspired by actors from the past?
RP: Despite the nostalgic part, this project really seemed really new to me. Of course some aspects remind of classics like Dustin Hoffman’s Straight Time[and Ulu Grosbard, released in 1978]. It features a scene of hold up where the robber [played by Hoffman] Max Dembo hesitates for a few seconds. Like Connie, he could turn back and everything would be different. He's his own worst enemy. I spent a lot of time eating on the streets, talking to people who had been in jail, others in conditional, others living on the street. When you ask someone about his story for a movie, he remains very open and you learn incredible things. It's difficult to ask without the pretext of cinema. To say: “What are your secrets? It’s for a movie “, it works (laughs) !

One can also think of a Sidney Lumet's Dog Day Afternoon …
I’ve seen this movie so many times. It will be forever in me, in the background. Al Pacino's performances are the first that leave a mark on me. When you start as an actor and you’re English, everyone expects you to just play a kind of prince. I wanted to play a fucking Pacino (laughs).

At the time of the New Hollywood, these actors-stars worked with the greatest American filmmakers of the moment from their first films. The big names today are less getting off the beaten track, in rare exceptions …
I think that there is a big responsibility for the actors to have to take on new challenges nowadays. It's up to us to make sure that new alchemies happened, with great filmmakers that are less expected. As soon as you have a little bit of influence as an actor, you have to use it for new challenges rather than look for big commercial projects, try to talk to a different & more popular audience about authors who count. Upon reflection, I don't think that actors or actresses particularly look for new singular projects, most of them don't care, they just want to work …

In the middle of the Twilight saga , did you say to yourself, at that moment, “I will be able to aim for more risky or surprising projects”?
Everything has changed strating from Twilight, indeed. But with each new project, I acquired new skills, new nuances, with James Gray, the Safdie, and now Claire Denis [in High Life, currently shooting]. As time goes by, my tastes have changed. There was a big turning point with Cosmopolis [by David Cronenberg in 2012]. This filmmaker is one of my heroes. So it was crucial, I gained new confidence with it, and I started to see myself a little differently. 
Did you have in mind to build a varied and sharp filmography from the start?
I have targets, yes. But all of this takes a lot of time. With James [Gray] for example, I was supposed to play in other movies. But that was like … seven or eight years ago. Lost City of Z took five years to develop. With Claire, it took us five years too. If I like a project, I will persevere, until it takes shape. On the other hand, I don't have a short-term strategy, I don't say “Hmmm, hey , Claire Denis” (laughs) . But there is a large range of desires in me.

Do you think of someone in particular here?
I really want to make a movie with Colombian director Ciro Guerra, and it might happen next year if everything goes well.. And I would love to work with Maïwenn. I was really impressed by her latest film, My King [in 2015]. 
You seems to be a rather “traditional” actor, who works on his text. In a recent interview, you mentioned there was some improvisation in the Safdie's movie and their actors. Was the confrontation difficult?
Yes, but I emerged greater and stronger from this. Few of the actors in the film really read the script. Sometimes during a scene, I was across from someone who suddenly started improvising, and I found it very hard to do the scene as originally planned. I found it really stressful. And that comes through in the film. So much the better. The more pressure there is, the more it removes a big part of your self-consciousness. It's a real relief. You move so quickly that you don't have time any more to think of yourself.

You adopt various looks in the film, like a metamorph. Coloured faces, dyed hair, various clothes. How have you experienced this action of transforming constantly?
By starting to behave slightly differently and changing appearance, suddenly everyone look at you in a fundamentally different way. I had time to experiment all of this, i spend two months in New York where I tried various looks and accents. I talked to people on the street to see if they recognized me. Sometimes we are well too aware of what we are. It's good to get rid of this judgment that we have of ourselves. Playing the shapeshifter allows that, we surprise ourselves and we find a way to fool people, it's quite addictive. But I don't know how healthy it is (laughs) … 
How is the shooting with Claire Denis going, in studio in Cologne?
Working with Claire Denis is incredible. She has a world of her own, very intimist. She also has something very similar, a creative chaos. I’ve never had to trust someone this much. But at the end of the day, I dreamed of being in a film by Claire Denis, not in my own.



Quick translation by Pattinson Art Work


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