dimanche 17 février 2013

'Cosmopolis': Nouvelle Interview de Rob avec Nova9.com / New Interview of Rob with Nova9.com


Edit by by DEb24601

Étiez vous familier avec le roman de Don DeLillo?

Non. Non mais j'avais lu quelques uns de ses romans. J'ai d'abord lu le script que David Cronenberg m'avait envoyé et puis ensuite le roman. Le premier est incroyablement fidèle à l'autre , d'une façon qui semble impossible, pour un roman qui semblait impossible à adapter. Mais même avant de lire le livre, ce qui m'a le plus impressionné était la tension sans sortie possible et le rythme rapide du script.

Qu'est ce qui a le plus attiré votre attention sur le film?


Cronenberg, c'est évident. J'ai joué dans d'autres films mais aucun d'entre eux n'a atteint le niveau de mes attentes et de mon travail avec lui sur ce film. Il ne m'a pas déçu... Je savais que ce serait créatif et que ce serait une expérience authentique. Et j'ai aussi été très attiré par la prose dans le script, semblable à un long poème. Et un poème mystérieux également. Normalement quand vous lisez un script, vous savez rapidement de quoi ça parle, où ça va aller, quelle sera la fin, même s'il y a des retournements inattendus et sophistiqués. Mais cette fois ci, c'était complétement différent, plus je le lisais , moins j'arrivais à imaginer où ça allait et je voulais encore plus le faire. On ne peut le caser dans aucun genre, c'est un film à part

Quand vous avez lu le script pour la première fois, vous êtes vous imaginé dans ce rôle? Pouviez vous imaginer à quoi il ressemblerait visuellement parlant?


Pas du tout. La 1ère fois où j'ai parlé avec David, c'est exactement ce que je lui ai dit, que je n'arrivais pas à le visualiser et il a dit qu'il pensait que c'était bien que je ne puisse pas le visualiser. Et à ce moment là, on ne réfléchissait pas en amont, il y a eu une progression mesurée et organique; en partant du texte et en partant ensuite vers les nombreuses options visuelles pour donner forme au film. C'est un processus de vie. Même pendant la 1ère semaine de tournage, on se demander à quoi ressemblerait le film une fois qu'on l'aurait terminé. C'était fascinant. J'ai l'impression que le film s'est fait lui même.

Maintenant que le film est fini, en quoi le film est il différent du script ou avez vous collé à ce qui avait été écrit?


C'est dur à dire car le film agit à différent niveau. Je l'ai vu deux fois; la 1ère fois, j'ai été impressionné par le côté comique , qui , je le savais, était là lors du tournage mais c'était inattendu de le voir aussi clairement. La 2ème fois, le côté sérieux des risques mises en jeu ont dominé. Les deux fois, il y avait un public mais leurs réactions étaient variées, du rire à la tension vis à vis du côté sombre de Cosmopolis . Malgré sa complexité, ça m'a surpris qu'il atteigne ce large spectre d'émotions.



(...)

English version after the jump



Selon vous, qui est Eric Packer? Comment le décririez vous?


Pour moi, Eric est quelqu'un qui pense appartenir à une autre réalité, comme s'il était né sur une autre planète et qu'il tente de découvrir dans quelle réalité il devrait vivre. En fait, il ne comprend pas le monde tel qu'il est. Cependant , il le comprends assez pour se faire une fortune. Bien entendu de manière abstraite. La banque, la vente, les spéculations, tout cela sont des activités déconnectées. , qu'il maîtrise très bien, pas en tant que véritable spécialiste ou en homme d'esprit mais grâce à son instinct, à quelque chose de mystérieux, avec l'aide d’algorithmes pas très différents de formules magiques. Vous pouvez voir dans le film, comme dans le livre , que son approche des données financières lui permet de se protéger dans le futur, de telle sorte qu'il ne sait pas comment vivre dans le présent. Il comprends sans doute comment le monde réel fonctionne d'une certaine façon, mais d'une façon inconnue et particulière.

Avez vous parlé de cela avec David Cronenberg?


Un petit peu oui mais il aimait le fait que je cherchais quelque chose sans explication plausible. Il aimait aussi le fait que je jouais sans avoir aucune idée de ce que je faisais ou quand je sentais que je faisais des choses avec une enchainement de causes et d'effets, ou quand j'essayais d'expliquer l'attitude d' Eric, il pouvait stopper la prise. C'est une étrange façon de diriger les acteurs , complétement basée sur les ressentis et non les idées.


Comment vous êtes vous préparé pour le rôle?

David n'aime pas les répétitions. On n'a pas beaucoup parlé du film avant de démarrer le tournage , je n'ai rencontré les acteurs que sur le plateau, pendant la production. Je les découvrais quand ils arrivaient , en fait dans la limousine d'Eric. Et c'était vraiment très sympa. Dès le début du tournage, je vivais dans le film et dans la voiture. J'étais toujours là, c'était ma maison, et j'accueillais les autres acteurs dans mon espace, assis dans cette espèce chaise du capitaine , et eux me rendaient visite. S'habituer à cet environnement m'a vraiment mis à l'aise. Tout le monde a dû s'adapter à mon monde.

Avez vous eu votre mot à dire sur son apparence ou ses vêtements?


Oui mais le truc c'est que je devais avoir une apparence neutre. On a tenté d'éviter de tomber dans les les évidences et les stéréotypes des riches entrepreneurs ou des hommes d'affaire. La seule discussion fut que l'éventualité de porter ou non des lunettes de soleil au début. J'ai cherché les moins définissables, celles qui ne révélaient rien sur le personnage;

En quoi est ce différent de tourner les scènes dans l'ordre , comme dans le script?


C'est très important, ça a un effet d'accumulation dans le film. Au début, personne ne savait vraiment quel serait le ton du film, peut être que David oui mais il ne nous l'a pas dit. Pour l'équipe technique, il y avait aussi cet effet, dans le sens où le personne révèle au fur et à mesure des choses, ce qui élabore doucement l'identité du film. Ca permet aussi au personnage de devenir plus léger alors que sa vie tombe en miette. Une des particularités de ce rôle, vous apprenez à connaître les divers acteurs.

Ça fait quoi?


Quand j'ai pris le rôle, les seuls acteurs qui avaient signé était Paul Giamatti, qui est un génie. Après, c'était magique mais aussi un peu terrifiant de voir Juliette Binoche, Samantha Morton, Mathieu Amalric… arriver . Chacun a apporté son ton. Ce n'était pas facile pour eux, d'autant plus quand David s'attend à ce que les acteurs transforme leur jeu, se libère de leur habitude. C'était un défi pour eux, en si peu de temps. Dans mon cas, j'étais plus habitué à ce monde, au rythme, mais tous les autres ont dû s'habituer à celà immédiatement.A vrai dire, certains ont apporté des choses très créatives pendant que nous tournions. Notamment, Juliette Binoche, qui est arrivée avec un nombre incroyable de propositions.

Diriez vous qu'il y avait divers jeux d'acteurs, notamment dû aux nombreuses nationalités, ou tout le monde s'est il adapté au modèle Cronenberg?


Oh, non, il y avait différentes sensibilités et je pense que David était anxieux à cause de cela. De manière paradoxale, cette diversité est mise en exergue par le fait que tous les personnages sont américains sauf celui de Matthieu Amalric. La diversité est semblable à celle de New York, où tout le monde semble venir d'endroits différents et où leur langues maternelles de nombreuses personnes n'est pas l'anglais. Bien entendu, le film ne recherche pas le réalisme, incluant des scènes à New York, on n'a jamais de lieux précis. Mais avoir des acteurs avec des passés différents représente la ville de New York, ça contribue même à l'étrangeté et l'abstraction du film.

Dans votre cas, aviez vous des références mentales, peut être d'autres acteurs qui vous ont inspiré pour ce rôle?

Pas du tout. A vrai dire, je voulais me détacher de toutes références. Surtout je ne voulais pas que le public pense à d'autres films sur Wall Street, aux banquiers ou aux personnes riches etc... Il fallait trouver le bon état d'esprit au lieu de tomber dans des attitudes et des effets de jeux habituels.

Vous souvenez vous d'une exigence de la part de David, se concentrant sur certains détails quand vous avez travaillé ensemble?


Il a insisté pour qu'on dise les dialogues exactement comme dans le script, mot pour mot. Il ne tolérait aucunes variations. Le script dépend en grande partie du rythme et on devait accéder à cela en termes d'élocution. Il était sûr de ce point, donc il y avait peu de prises, ce qui est effrayant. Le 1er jour où Paul Giamatti était sur le plateau, Paul a débité en une seule traite tout son monologue, certainement la plus longue réplique de tout le film et David a fait uniquement une prise. C'était fait et on est passé à la scène suivante. Ca m'a captivé, l'interprétation de Paul, et la précision de David et sa confiance dans le fait que c'était une bonne prise.

Aimez vous travailler de cette façon où vous récitez des dialogues exactement comme ils ont été écrits?


C'était une chose à laquelle je n'étais pas habitué, ce qui est précisement ce qui m'a motivé encore plus à faire ce film. On ne m'a jamais demandé ça avant. Normalement , on ne suit pas à la lettre les scripts. Ils sont la base , une référence et les acteurs sont supposés faire le leurs. Dans les autres films, les dialogues étaient très flexibles. Cette fois ci, c'était comme jouer dans une pièce de théâtre: quand vous faites du Shakespeare,vous ne pouvez changer les répliques. La limousine était comme une scène d'une certaine manière. Absolument. Et dans cette scène, il est possible de tourner une prise, puis une autre, ce qui signifie que vous devez être prêt à jouer dans toutes les prises. J'ai pris beaucoup de temps à apprendre les mots et c'était la 1ère fois depuis que j'ai commencé mon métier d'acteur au théâtre il y a fort longtemps. Ca a créé une tension, vous devez avoir tous vos sens en éveil, ce qui est pour le mieux.... mais ça vous oblige aussi à vivre la vie d'un reclus pendant le tournage. Je devais connaître le rôle, me souvenir des dizaines de scènes et rester concentré. Mais en fait, c'est un sentiment vraiment agréable. C'est mieux que sur d'autres plateaux où les choses sont fracturées.

Qu'est ce qui a été le plus dur pour vous dans le film?


C'était perturbant d'interpréter un personnage qui n'a pas d'évolution évidente ou qui suit un chemin tout tracé. En fait , c'est le cas , c'est même une évolution sauvage. Pourtant, on n'a pas l'habitude de voir le changement dans un personnage de cette façon. Mais David avait le contrôle complet sur cette dimension. Je n'ai jamais travaillé avec un réalisateur qui a un tel contrôle de son film, qui est en charge de tous les aspects, qui sait exactement ce qu'il veut à chaque étape. Au début j''ai trouvé ça stressant mais au fur et à mesure, je me suis senti plus détendu et confiant.

Source  / Traduction Française


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English version:


Where you familiar with Don DeLillo’s novel?

No. Nut I had read a few of his other novels. First I read the script that David Cronenberg sent me and then the novel. One is incredibly faithful to the other, in a way that it seems impossible, for a novel that seemed impossible to adapt. But even before reading the book, what I was most impressed was the tension without release and the fast rhythm of the script.

What caught your attention the most about the movie?
Cronenberg, obviously. I’ve acted in other movies and non of them reached the level of what I expected working with him would be. He did not disappoint… I knew that it would be very creative and that it would be an authentic experience. And I was also very attracted to the prose in the script, similar to a long poem. And a mysterious poem too. Usually, when you read a script, you know very quickly what is it about, where is it going, how will it end; even if there are unexpected or sophisticated twists, or plot inversions. But this time it was completely different, the more I read, the least I could imagive where was it going and I wanted to be part of it even more. It can no be boxed in any movie genre, it stands as it’s own.

When you read the script the first time, did you see yourself playing the part? Could you imagine how it would look visually?
Not at all. The first time I spoke with David, that is exactly what I told him, that I could not visualize it and he said that he thought it was good that I couldn’t. And at this point, we where not thinking much in anticipation, there was an evolution that was progressive, organic; starting with the text and then going into the many visual options to give form to the movie. It’s a life process. Even during the first week of filming, we would ask ourselves how would the movie look once it was done. It was fascinating, I felt like the movie made itself.


Now that it’s done, how different is the movie from the script, or did you stick to it like it was written?
It’s hard to say, because the movie acts in different levels. I’ve seen it twice; the fist time I was impressed by it’s farce side, which I know would be there while we where filming, but it was unexpectedly apparent. The second time, the seriousness of what was at risk prevaled. Both times, there was an audience, but their reactions where varied, from laughter to tension towards the dark side that Cosmopolis has. Despite it’s complexity, it amazed me the way that it reached a wide array of emotions.

In your opinion, Who is Eric Packer? How would you describe him?
For me, Eric is someone that feels he belongs to a different reality, like he was born in another planet and that tries to discover in which reality he should be living. In fact, he does not understand the world the way it is. However, he does have enough understanding of the world to make a fortune in it. Sure, but in a very abstract way. The banking, trading, speculating, all those are disconnected activities, that he has done very well, not as a genuine specialist or a master mind, but thanks to a sort of instinct, something more misterious, with the help of algorithms not very different to magic formulas. You can see in the movie, as well as in the book, that the approach of financial data tends to protect him in the future, so much so that he does not know how to live in the present. Probably, he understands how the real world works in a way, but in peculiar and unknown ways.

Did you talk about this with David Cronenberg?
A little, yes, but he liked that I looked for something without explanation or unexplainable. He liked, specially, that I acted like I had no idea of what I was doing and when I felt that I was doing things with a chain of cause an effect, or trying to explain Eric’s behavior, he could cut the take. It was a weird way of directing, totally based on feelings more than ideas.

How did you prepare for the role?
David does not like rehearsals. We did not talk much about the movie before starting filming. I only met the other actors in set, during production. I discover them when they would show up, literally, in Eric’s limo. And it was very nice. From the beginning of filming, I lived inside the movie and from the car; I was always there, it was my home, and I welcomed the other actors in my space, sitting in that sort of captain’s chair, with them visiting. To get used to this environment made me feel particularly comfortable. Everyone had to adapt at what was, basically, my world.

Did you have anything to do with his look or his clothes?
Yes, but the thing is that I had to have a neutral look, we tried to avoid the most obvious and stereotypical qualities of rich entrepreneurs or business men. The only discussion was about the option of wearing sunglasses at the beginning, I looked for the least definable ones, ones that said nothing about the character.

How different was it to film the scenes in order, like they are in the script?
It is very important, it has an accumulative effect in the movie. At the beginning, nobody knew really what would the tone be; well, maybe David did, but he did not share that. For the technical team it is an accumulative effect, in ways that the character reveals more about himself, which slowly constructs the movie’s identity. It also lets the character become light while his life is falling appart. One of the peculiarities of this role is that, one by one, you get to know different actors.

How does it feel?
When I took the role, the only other actor that was in was Paul Giamatti, who is a genius. Afterwards, it was magical as well as a bit terrifying, to see Juliette Binoche, Samantha Morton, Mathieu Amalric… show up. Each one of them brought a different tone. It was not easy for them either, even more so when David expects that actors transforms their acting, free themselves of their habits. It was a challenge for them, in so little time. In my case, I was more used to this world, to the rhythm, but everyone else had to get use to it immediately. In reality, some thought very creative things when we were filming. Notably, Juliette Binoche, who came up with a number of incredible actions of acting.

Would you say that there were severals styles of acting, specifically due to the different nationalities involved, or that everyone adapted to the Cronenberg model?
Oh, no, there where different sensibilities and I think David was anxious because of that. Paradoxically, this diversity is emphasized with all the characters being americans, except for Matthieu Amalric. The diversity is congruent with New York, where everyone seems to come from a different place and where the mother tongue of so many people is not even english. Of course, the movie is not looking for realism, including the scenes in New York, it never gives a precise location. But having actors with different backgrounds represents the city of New York, even in how it contributes to the weirdness and abstraction of the film.

In your case, did you have any mental reference, maybe other actors that inspired you for the role?
Not at all, in truth, I wanted to detach myself of any reference. Specially I did not want to remind the public of other Wall Street movies, bankers, rich people, etc. It was more of finding the proper state of mind instead of falling into attitudes and effects of usual acting.

Do you remember a particular exigence from David’s part, concentrating in certain details when working together?
He insisted in having to say the dialogues exactly like in the script, word for word. He did not tolerate any variations. The script depends in a great way on the rhythm and we had to access that in terms of the elocution. He was sure of that, so he had few takes, which was scary. The first day Paul Giamatti was in set, Paul released in one breath his whole monologue, certainly the longest line of the whole movie and David did only one take. It was done and we went to the next one. It captivated me, Paul’s interpretation, and David’s readiness and the way that he saw himself so sure that it was a good take.

Did you like working this way, reciting dialogues the way the where scrupulously written?
It was something I was not used to, which is precisely what motivated me even more to be in the movie. I had never been asked that before; usually scripts are not followed rigorously, they are a fundament, a base and actors are supposed to make them theirs. In my other movies, dialogues were very flexible. This time, it was like acting in a play: when you do Shakespeare, you can’t change the lines. Incidentally, the limousine is like a stage, in a way. Absolutely. And in that stage, is possible to film a scene, then another, which means that you have to be ready to act in all of them. I put a lot of time in learning the words for the first time since I started as an actor in the theater a long time ago. It created a tension, you have to be alert, which is for the better… but it also forced me to live the life of a recluse, while filming; I had to know the role, remember dozens of scenes and stay concentrated. But in reality it was a very pleasurable feeling. It’s better than in many sets, where things are fractured.

What was the hardest thing for you in the film?
It was disturbing to interpret a character that does not have an obvious evolution or has a predictable road. In reality, he does it, it even is a wild evolution; non the less is not the way we are used to see change in characters. But David controlled this dimension completely. I have never worked with a Director with so much control of his movie, that is completely in charge of each and every aspect of it, knows exactly what he wants in each step. At the beginning I found it nerve-wracking but gradually I felt more relaxed and confident.

English Translation

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